Le singe magot
Le macaque de Barbarie (Macaca sylvanus), est le seul macaque vivant sur le continent africain, à l'état sauvage dans les forêts relictuelles du Maroc
Le magotLe magot, espèce endémique du Maghreb est une espèce menacée, avec un statutde Vulnérable, aussi bien au niveau mondial que national.Cette espèce se trouve dans la majorité des forêts de la région :-Il est omniprésent dans les cédraies de la région, avec une densité inconnue.Nous l’avons rencontré aussi bien dans les cédraies denses du nord du PN que dans lescédraies claires du sud du PN, et même dans les cédraies claires du secteur d’Arhbaloun’Laarbi, avec des arbres à développement réduit.
-Il est beaucoup plus rare en chênaie : il est absent de la forêt de Jaaba,probablement à cause des traitements forestiers passés et de l’indigence de la strateherbacée en année sèche, liée à une basse altitude. Dans les forêts de chêne vert, il secantonne aux milieux proches des falaises (partie haute de Kherzouza, près de la cédraie,ainsi que secteur du Jbel Benlih, à l’est de Timahdit). Nous ne l’avons pas observé dans lesautres chênaies vertes, traitées en taillis, et peu favorable au maintien de l’espèce.
-Il semble absent des massifs de pin maritime du nord du PN (secteur deTamrabta), où la strate herbacée est réduiteGlobalement, dans les habitats forestiers favorables, l’espèce est relativementabondante.
Dans les environs d’Azrou, quelques groupes vivent en partie des ressourcesalimentaires fournies par des visiteurs humains.
L’état des populations de magot de la région est incertain : certains ont annoncé unediminution importante des effectifs au cours des dernières décennies, mais on ne disposepas d’état de référence et la méthodologie mise en oeuvre est sujette à critiques ; la structuresociale de certains groupes est déséquilibrée.On considère de plus en plus que le magot est un indicateur global de l’état forestierd’un secteur : par comparaison avec des forêts en meilleur état, il semblerait que le magotne soit un facteur de dégradation du milieu qu’en milieu ne lui offrant plus des ressources58 suffisantes. En tout état de cause, l’espèce peut être considérée comme une espèce clépour l’écosystème de la cédraie.
Les menaces pesant sur cette espèce dans la région sont les suivantes :
-dégradation du milieu altérant les ressources alimentaires due
-au surpâturage, qui a atteint un niveau inquiétant, et qui réduit fortement lastrate herbacée, à la fois au niveau quantitatif et au niveau qualitatif , alorsque cette ressource est primordiale pour l’espèce
-au traitement forestier, en particulier sur le chêne vert (la ressourcealimentaire offerte par les glands est un facteur alimentaire crucial pourl’espèce en automne, avant la régénération de la strate herbacée ; touttraitement en taillis réduit cette disponibilité).
-captures effectuées par des locaux, qui revendent les animaux aux montreurs desinges et aux touristes, et par les Eaux et Forêts, qui tentent ainsi de limiter lesdéprédations sur le cèdre
-dérangements répétitifs et sans doute prédation par les chiens errants, quieffectuent des attaques coordonnées en meute
- nourrissage par l’homme, l’avenir des groupes ainsi nourris étant incertainUne étude spécifique vient d’être lancée sur cette espèce : aucune recommandation